Glossaire du four à bois : les mots du feu, de la chauffe et des cuissons
Sole, voûte, tirage, chaleur descendante…
Le four à bois a son propre vocabulaire, et chaque mot dit quelque chose de la façon dont il cuit.
J’ai rassemblé ici tous les termes que j’utilise sur le site, du four lui-même jusqu’à la pâte qu’on y enfourne. Chacun est expliqué sous forme de question, avec une réponse courte et, quand le sujet le mérite, un lien vers l’article, le guide ou la recette qui va plus loin.
Ces mots, je les ai apprivoisé au fil de mes fournées. Mettre un nom sur ce qui se passe dans le four, c’est déjà commencer à le comprendre.
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Dans les recettes, les mots soulignés en pointillés renvoient ici : survole-les ou touche-les pour voir leur définition.
Sommaire
Thème 1
Le four et ses parties
Sole, voûte, avaloir… Avant de parler de feu et de cuisson, voici les mots pour décrire ton four, de la bouche jusqu'à la cheminée.
La sole est le plancher du four : la surface plane sur laquelle tu fais le feu, puis où tu poses les plats et les pâtons. Souvent en briques ou en dalles réfractaires, elle cuit par contact direct. C’est elle qui donne le dessous croustillant des pizzas et la belle croûte des pains. Trop froide, le pain manque de poussée ; trop chaude, la base brûle.
La voûte est la partie supérieure arrondie du four. Pendant la chauffe, la flamme vient la lécher : elle emmagasine la chaleur, puis la renvoie vers la sole et les aliments par rayonnement. Plus elle est chaude et chargée, plus les pizzas lèvent vite et plus les pains dorent de façon homogène. C’est aussi elle qu’on regarde pour savoir où en est la chauffe.
La bouche (ou gueule) est l’ouverture à l’avant du four. C’est par là que tu allumes le feu, que tu enfournes et que tu défournes. Sa hauteur, proportionnée à celle de la voûte, joue sur le tirage : trop grande, le four perd sa chaleur ; trop petite, il respire mal et fume.
La porte ferme la bouche pour garder la chaleur à l’intérieur. Pendant l’allumage, je la laisse ouverte pour que le feu respire. Après la chauffe, une fois les braises retirées, je la pose pour laisser la température se stabiliser, puis pour toutes les cuissons four fermé : pain, brioches, gratins, mijotés.
Le seuil est la tablette située juste devant la bouche du four. Il sert d’appui pour la pelle, de zone de pose pour les plats avant d’enfourner ou en sortie de four, et de passage pour sortir braises et cendres. Plus il est large et solide, plus il devient un vrai plan de travail pendant la fournée.
L’avaloir est la petite hotte placée devant la bouche, à l’extérieur de la chambre de cuisson. Il recueille la fumée qui sort du four et la dirige vers le conduit de cheminée. Pendant l’allumage, l’ouverture de la porte se règle justement pour laisser entrer l’air sans que la fumée ne déborde de l’avaloir.
La cheminée, ou conduit de fumée, part de l’avaloir et évacue les fumées en hauteur. Elle crée aussi le tirage : l’appel d’air qui apporte l’oxygène au feu. Un conduit encrassé ou trop court tire mal, et la fumée ressort alors par la bouche. Avant chaque allumage, vérifie qu’il est bien dégagé.
Ce sont des matériaux qui supportent les très hautes températures et les chocs thermiques sans éclater. Les briques réfractaires forment la sole et la voûte ; le mortier réfractaire (ou un mortier de terre dans les fours anciens) sert à les jointer. Un ciment classique, lui, finit par se fissurer sous l’effet des chauffes répétées.
L’isolation entoure la voûte et passe sous la sole pour empêcher la chaleur de fuir vers l’extérieur. Laine céramique, vermiculite, perlite ou béton isolant gardent la chaleur dans la masse du four. Sans elle, la chauffe est plus longue, consomme plus de bois et le four refroidit vite : impossible alors d’enchaîner une fournée complète.
Le four à pizza, de type napolitain, a une voûte basse et une masse plus légère : il monte vite à très haute température et cuit avec le feu présent. Le four à pain a une voûte plus haute et plus de masse : il chauffe plus longtemps mais stocke la chaleur pour cuire porte fermée. Beaucoup de fours de jardin sont polyvalents. Pour aller plus loin : le guide pizza et le guide pain.
Au Moyen Âge, le four banal appartenait au seigneur : les habitants avaient l’obligation d’y cuire leur pain, contre une redevance. Après la Révolution, beaucoup sont devenus des fours communaux, partagés par le village. On en croise encore partout en France, parfois restaurés et rallumés pour des fêtes. J’en recense un bon nombre dans mes histoires de fours.
C’est un four de boulanger chauffé de manière indirecte : le feu brûle dans un foyer séparé, et les flammes entrent dans la chambre de cuisson par une ouverture appelée le gueulard. La sole reste ainsi propre, sans braises ni cendres à retirer, et le four peut cuire en continu, fournée après fournée.
Thème 2
Le bois et le feu
Tout commence par le feu. Le choix du bois, l'allumage et la façon d'entretenir la flamme décident de la qualité de ta chauffe… et donc de toute ta fournée.
Les essences dures sont les meilleures : le chêne brûle lentement et dégage beaucoup de chaleur, le hêtre donne une flamme vive qui chauffe vite, le charme est très dense, le frêne offre une chaleur stable. Pour ma part, j’utilise le bois de chauffage livré pour la cheminée, du chêne et du hêtre, que je recoupe en bûchettes. Tous mes conseils sur le bois sont dans la préparation et la gestion du feu.
Les résineux (pin, sapin, épicéa) : leur résine encrasse le four et donne un goût désagréable aux aliments. Les bois traités, peints, vernis ou les palettes de récupération sont proscrits : ils dégagent des substances toxiques au contact de ta nourriture. Évite aussi le bois de démolition dont tu ne connais pas l’origine.
Un bois humide brûle mal, fume beaucoup et chauffe peu : une partie de l’énergie sert à évaporer l’eau. L’idéal est un bois sec depuis au moins 18 à 24 mois, stocké dans un endroit ventilé, à l’abri de la pluie. Un test simple : deux bûches que tu entrechoques doivent sonner clair et sec, pas sourd.
Je monte une petite base de bois d’allumage entrecroisé à l’avant du four (cagettes, petites branches sèches), quelques bûchettes par-dessus en laissant de l’air, puis j’allume par plusieurs points, porte ouverte. Une fois la flamme vive et claire, je pousse le feu au fond avec le racloir. Mon pas-à-pas complet est dans la préparation et la gestion du feu.
C’est une variante du montage du feu, qu’on appelle aussi méthode « top-down » : les grosses bûches en bas, les plus petites au-dessus, et le petit bois tout en haut, que tu allumes. Le feu descend progressivement dans le tas. Cette approche fait moins de fumée au démarrage et donne une montée en température plus douce.
Le tirage, c’est l’appel d’air qui traverse le four : l’air frais entre par le bas de la bouche, nourrit le feu, et les fumées chaudes ressortent par le haut vers l’avaloir et la cheminée. Un bon tirage donne une flamme claire et peu de fumée. S’il manque d’air, le feu s’étouffe : pense à laisser respirer le feu, sans le tasser. Plus de détails dans la préparation et la gestion du feu.
Les causes les plus fréquentes : un bois trop humide, un feu étouffé (trop de bûches d’un coup, porte trop fermée), un conduit encrassé ou un four froid qui démarre. Une fumée noire et épaisse signale une mauvaise combustion. Quand le feu est bien lancé, la fumée devient légère, presque invisible.
Par petites touches. J’ajoute le bois progressivement pour monter en intensité sans agresser la maçonnerie, en veillant à ce que la flamme lèche toujours la voûte. Deux réflexes qui changent tout : ajouter les bûches une par une, et tourner les braises pendant la chauffe pour répartir la chaleur sur la sole. Plus de détails dans la préparation et la gestion du feu.
La flambée, c’est la phase où le bois brûle avec de grandes flammes. C’est elle qui charge le four en chaleur. Au four à bois, on parle souvent d’une flambée pour désigner une chauffe complète : avec une seule flambée bien organisée, tu peux cuire plusieurs recettes d’affilée.
Les braises sont le bois qui se consume sans grande flamme. Elles chauffent intensément la sole et entretiennent la chaleur. Pour les cuissons four ouvert, je les pousse sur le côté ou au fond. Pour les cuissons four fermé, je les retire avant d’enfourner. Bien réparties, elles servent aussi à griller ou à cuire directement dedans.
Retire-les après chaque utilisation : leur accumulation gêne la circulation de l’air à la chauffe suivante. Attention, des cendres peuvent rester chaudes plus d’une journée : stocke-les dans un seau métallique fermé, loin de tout ce qui brûle. Celles d’un bois non traité peuvent ensuite rejoindre le jardin, avec modération.
Thème 3
Chauffe et température
Un four à bois n'a pas de thermostat. Ici, on apprend à lire la chaleur : la voûte qui blanchit, la sole qui se charge, la température qui redescend.
Ça dépend de ton four et de ce que tu veux cuire. En repère général : 45 minutes à 1 heure pour un petit four de jardin, 2 à 3 heures pour un grand four à pain. Plus la masse est importante, plus la chauffe est longue… mais plus l’inertie sera confortable ensuite. Avec les fournées, tu apprendras à connaître le tien.
Au début de la chauffe, la voûte se couvre de suie noire. Quand la température devient suffisante, cette suie brûle et la voûte redevient claire : elle blanchit. Tant qu’elle est noire, le four n’est pas prêt. C’est le premier repère visuel, et sans doute le plus fiable. Je détaille toutes les étapes de la chauffe dans le guide du pain au four à bois.
Un four chargé a accumulé la chaleur en profondeur dans sa sole et ses parois, pas seulement en surface. Une fois la voûte blanchie, je maintiens encore le feu un moment pour charger la maçonnerie. Ce temps est souvent négligé, pourtant c’est lui qui garantit une température stable après le retrait des braises.
C’est la capacité du four à stocker la chaleur dans sa masse (briques, pierres réfractaires) puis à la restituer lentement, même une fois le feu éteint. Plus le four est lourd, épais et bien isolé, plus son inertie est grande : il chauffe plus longtemps, mais garde la chaleur pendant des heures. C’est elle qui permet d’enchaîner les cuissons.
Personnellement, j’utilise un thermomètre laser (infrarouge) : en un instant, il donne la température de chaque zone de la sole ou de la voûte. Mon conseil : vise toujours le même point de mesure, et note tes températures fournée après fournée. Certains fours ont un thermomètre intégré, pratique mais souvent moins précis.
C’est la méthode ancienne, sans thermomètre : jette un peu de farine sur la sole et observe. Elle noircit en quelques secondes : la sole est trop chaude, attends. Elle brunit progressivement : tu es dans la zone utile pour enfourner. Elle reste claire longtemps : la sole est trop froide, le pain risque de manquer de poussée.
Une fois le feu retiré, le four ne reçoit plus d’énergie : la cuisson repose uniquement sur la chaleur accumulée, et la température baisse doucement au fil des heures. On parle de chaleur descendante, ou tombante. C’est le principe du four à pain traditionnel et de la cuisson dégressive.
C’est un four encore trop agressif juste après la chauffe : la voûte rayonne très fort, certaines zones de la sole sont brûlantes. Enfourner à ce moment-là, c’est risquer un pain brûlé dessous ou une brioche qui dore avant d’avoir gonflé. La solution : patienter quelques minutes porte fermée, le temps que le four se calme.
Après le retrait des braises, la chaleur se répartit entre la voûte, la sole et les parois. En laissant le four quelques minutes porte fermée, la température s’homogénéise. Je recontrôle ensuite au même point repère. Si une zone reste trop chaude, un coup de balai légèrement humide sur la sole aide à la calmer.
Un four à bois n’est jamais homogène. Le fond et les parois, là où le feu a brûlé le plus longtemps, restent souvent plus chauds que l’avant. Avec le temps, on apprend à « cartographier » son four : les zones chaudes pour les petites pièces vite cuites, les zones plus douces pour les gros pains.
Trois modes de chaleur agissent ensemble. Le rayonnement vient de la voûte et des parois chaudes : il colore le dessus. La conduction vient de la sole, au contact : elle saisit le dessous. La convection, c’est l’air chaud qui circule autour des plats. Au four à bois, le rayonnement de la voûte domine, d’où ces cuissons si rapides.
Thème 4
Modes de cuisson
Four ouvert, four fermé, cuisson dégressive… Un seul four, mais plusieurs façons de cuire selon le moment de la fournée.
C’est la cuisson avec le feu encore présent dans le four, porte ouverte : on parle aussi de cuisson à feu direct ou de chauffe directe. Les braises sont poussées sur le côté ou au fond, et j’ajoute de petites bûches pour garder une flamme vive. C’est le mode des pizzas, tartes flambées et grillades. Tout est expliqué dans la cuisson four ouvert.
C’est la cuisson sans flamme : le four a été chauffé, les braises et les cendres retirées, la sole nettoyée et la porte fermée. Les plats cuisent grâce à la chaleur stockée dans la maçonnerie. C’est le mode du pain, des brioches, des gratins et des mijotés. Voir la cuisson four fermé.
Pour organiser mes fournées, je raisonne par zones de température plutôt que recette par recette. Zone 1, de 350 à 400 °C : pizzas, tartes flambées, grillades. Zone 2, de 220 à 350 °C : focaccias, tartes, quiches. Zone 3, de 180 à 220 °C : pains et tourtes. Zone 4, de 150 à 180 °C : brioches et biscuits. En dessous, place aux cuissons douces et au maintien au chaud. Tout le détail dans préparer sa fournée.
C’est la question qui revient le plus souvent ! Après les pizzas, retire les braises, nettoie la sole et laisse redescendre le four. Quand la température devient plus stable, autour de 220 °C, c’est le bon moment pour les focaccias, les tartes, puis le pain. Ensuite viennent les brioches, les gratins et les plats mijotés.
À l’origine, c’est la quantité de pain qu’on cuit en une fois dans le four. Pour moi, une fournée, c’est toute une session de cuisson autour d’une seule chauffe : des pizzas au début, du pain ensuite, un dessert pour finir. Je partage la composition de mes fournées, au fil des saisons.
Oui ! Avec une bonne couche de braises sur la sole et une grille posée dessus, le four devient un barbecue couvert : viandes, poissons et légumes grillent avec un vrai goût de feu de bois, sans craindre la pluie. C’est une cuisson de début de fournée. Je l’explique dans la cuisson mode barbecue.
Oui, c’est l’une des plus anciennes façons de cuisiner. Pommes de terre, oignons, courges ou poivrons peuvent cuire enveloppés dans du papier aluminium ou directement posés dans les braises, selon leur peau. La cuisson est rapide et parfumée ; il suffit de retourner régulièrement et d’éviter les flammes vives.
La buée garde la surface du pain souple pendant les premières minutes de cuisson. Le pain peut ainsi se développer et les grignes s’ouvrir avant que la croûte ne se fige. Sans buée suffisante, la croûte prend trop vite et le pain manque de volume. Selon ton four, l’humidité résiduelle suffit, ou il faut ajouter un peu d’eau à l’enfournement.
Quand le four est redescendu sous les 150 °C, il est encore précieux : plats mijotés en cocotte, légumes confits, séchage de tomates ou de fruits, meringues, ou simplement maintien au chaud. C’est le moment idéal pour préparer des repas d’avance, comme dans le batch cooking au four à bois.
Thème 5
Enfourner : les ustensiles
Pelles, racloir, balai, thermomètre… Les outils du four à bois ont des noms bien à eux. Voici à quoi ils servent et lesquels sont vraiment utiles.
C’est la pelle plate et longue qui sert à glisser les pâtons et les pizzas sur la sole. En bois, la pâte y colle moins : c’est l’idéal pour enfourner. En métal, plus fine, elle se glisse facilement sous une pizza ou un pain pour le déplacer ou le défourner. Choisis un manche assez long pour atteindre le fond de ton four sans te brûler.
Ses trous laissent tomber l’excédent de farine ou de semoule avant l’enfournement. Résultat : moins de farine brûlée sur la sole et moins d’amertume sous la pizza. Elle est aussi plus légère qu’une pelle pleine, donc plus maniable quand on enchaîne les pizzas.
C’est la pelle de rotation : une petite pelle ronde, souvent perforée, au long manche. Elle sert à tourner les pizzas pendant la cuisson. Le feu étant d’un côté, il faut faire pivoter la pizza régulièrement pour une coloration homogène du cornicione. En four ouvert, elle devient vite indispensable.
Le racloir, qu’on appelle aussi râble ou tire-braise, est une sorte de raclette métallique à long manche. Il sert à pousser le feu au fond du four, à répartir les braises sur la sole, puis à les ramener vers la bouche pour les sortir avant une cuisson four fermé.
Une fois les braises retirées, je passe d’abord un balai à sole (ou une brosse à poils métalliques ou végétaux) pour chasser les cendres, puis un passage rapide au balai légèrement humide. Ce coup d’humidité finit le nettoyage et calme au passage les zones trop chaudes. L’outil traditionnel s’appelle l’écouvillon : un chiffon humide fixé au bout d’une perche.
Ce n’est pas obligatoire, mais c’est un vrai gain de sérénité. Un thermomètre laser (infrarouge) mesure en un instant la température de la sole ou de la voûte. Une sonde à piquer est utile en fin de cuisson : autour de 94 °C à cœur, un pain est généralement cuit. Les repères visuels restent précieux en complément.
Ceux qui supportent les fortes chaleurs et les variations de température : cocottes en fonte, plats en terre cuite, poêles et plaques en acier. La fonte, qui garde bien la chaleur, est parfaite pour les mijotés en fin de fournée. Évite le verre et les plats fragiles devant le feu, surtout s’ils sortent du réfrigérateur.
Ce sont deux outils pour l’apprêt du pain, après le façonnage. Le banneton est un panier, souvent en rotin, qui soutient le pâton et lui donne sa forme. La couche est une toile de lin farinée, plissée entre les pâtons pour qu’ils se tiennent les uns contre les autres sans se coller.
Avec une lame bien affûtée, appelée grignette : une lame de rasoir montée sur un petit manche. Le geste doit être net, rapide et décidé, sur 0,5 à 1 cm de profondeur. Une lame légèrement inclinée fait apparaître la fameuse « oreille » à la cuisson. Un couteau très tranchant peut dépanner.
Des gants longs résistants à la chaleur, pour protéger les mains et les avant-bras quand tu enfournes au fond du four ou sors une cocotte. Un tablier épais et des manches longues en coton, plutôt que du synthétique, sont aussi bienvenus. Le four ouvert rayonne fort, même à un mètre.
Thème 6
Pâtes, pains et pizzas
Levain, pointage, apprêt, grigne… Le vocabulaire de la boulangerie, pour mieux suivre les recettes et réussir tes pâtes avant même de les enfourner.
La levure de boulanger est un champignon microscopique sélectionné : elle fait lever la pâte rapidement et de façon régulière. Le levain est une culture naturelle de levures sauvages et de bactéries, entretenue avec de la farine et de l’eau. Il fait lever plus lentement, mais donne au pain plus de goût, une légère acidité et une meilleure conservation.
C’est un pré-ferment liquide : autant d’eau que de farine, avec une toute petite quantité de levure. On la laisse fermenter quelques heures, ou toute une nuit, avant de l’intégrer au reste de la pâte. La poolish apporte du goût, de l’extensibilité et une mie plus alvéolée. On l’utilise beaucoup pour les baguettes et les pizzas.
C’est un temps de repos de la farine et de l’eau, mélangées seules, avant d’ajouter le sel et la levure. Pendant 20 minutes à 1 heure, la farine s’hydrate et le réseau de gluten commence à se former tout seul. La pâte devient plus souple, plus facile à travailler, et le pétrissage est plus court.
C’est la première fermentation, en masse, juste après le pétrissage. La pâte repose en un seul bloc : elle développe ses arômes et prend de la force. Pendant le pointage, on peut faire quelques rabats pour renforcer la pâte. Sa durée dépend de la levure, de la température de la pièce et de la recette.
C’est la seconde fermentation, après la division et le façonnage. Les pâtons lèvent une dernière fois, en banneton ou sur couche, avant d’être enfournés. Attention : un apprêt trop long donne un pâton trop poussé, qui s’étale à l’enfournement et dont les grignes s’ouvrent mal. Au four à bois, il faut caler l’apprêt sur la chauffe.
La tension de surface, c’est ce qui fait que le pâton se tient et pousse vers le haut au lieu de s’étaler. Tu dois sentir une surface lisse et tendue, sans déchirer, et un pâton qui résiste un peu sous la main. Mieux vaut plusieurs gestes propres qu’un serrage brutal. J’en parle en détail dans le guide du pain au four à bois.
La grigne, c’est l’entaille faite à la lame sur le pâton juste avant l’enfournement, et par extension la croûte qui se soulève à la cuisson. Elle guide l’expansion du pain et évite qu’il craque au hasard sur les côtés. Une ou deux grignes nettes et franches valent mieux que plusieurs petites hésitantes.
C’est la quantité d’eau par rapport au poids de farine, exprimée en pourcentage. Avec 1 kg de farine et 650 g d’eau, la pâte est hydratée à 65 %. Plus l’hydratation est élevée, plus la mie est alvéolée, mais plus la pâte est collante et délicate à façonner. Pour débuter, une hydratation modérée est plus facile à maîtriser.
C’est le type de la farine, lié à son taux de cendres, c’est-à-dire à la quantité de minéraux qui restent après combustion. Plus le chiffre est élevé, plus la farine est complète : la T55 est blanche, la T65 un peu plus bise, la T80 semi-complète, la T150 complète. Les farines complètes ont plus de goût et absorbent plus d’eau.
C’est le bord gonflé et alvéolé de la pizza napolitaine. Il se forme quand la pâte, bien fermentée et étalée à la main sans toucher les bords, est saisie à très haute température. Au four à bois, en zone 1, il gonfle en quelques dizaines de secondes. Tout pour le réussir dans le guide pizza.
Ce sont les petites taches sombres qui apparaissent sur le cornicione d’une pizza cuite à très haute température. Elles rappellent le pelage d’un léopard, d’où le nom. Elles sont le signe d’une pâte bien fermentée et d’un four chaud. À ne pas confondre avec une pizza brûlée : les taches restent petites et espacées.
Avant de chercher la recette parfaite au four à bois, je conseille d’en avoir une qui fonctionne déjà très bien au four domestique. Tu réduis les variables : si le pain est raté, tu sais que ça vient de la chauffe ou de la cuisson, pas de la recette. Je raconte mon propre apprentissage dans le défi pains à l’ancienne.
Thème 7
Entretien et sécurité
Un four bien entretenu dure des générations. Quelques gestes simples pour le garder en forme, et les bons réflexes de sécurité autour du feu.
Un four neuf contient encore beaucoup d’humidité dans ses mortiers et sa maçonnerie. Il faut le sécher en douceur, avec plusieurs petits feux sur des jours successifs, en augmentant progressivement leur intensité. Une chauffe trop forte d’emblée risque de provoquer des fissures. Suis aussi les consignes de ton constructeur ou du fabricant.
Même logique : après un hiver ou plusieurs mois de repos, la maçonnerie a repris de l’humidité. Démarre par une chauffe progressive, avec un feu modéré qui monte doucement, pour éviter le choc thermique. Prévois aussi une chauffe un peu plus longue que d’habitude avant d’atteindre la bonne température.
Non. La suie qui noircit la voûte au début de la chauffe brûle d’elle-même quand la température monte : c’est justement pour ça que la voûte blanchit. Un four bien chauffé se nettoie tout seul. Il n’y a jamais besoin de produit à l’intérieur de la chambre de cuisson.
La plupart des taches de graisse ou de sucre brûlent à la chauffe suivante. Pour les résidus, un coup de racloir puis de brosse une fois le four refroidi suffit. N’utilise jamais de détergent ni de produit ménager sur la sole : la pierre réfractaire est poreuse, elle l’absorberait et le relâcherait dans tes aliments.
Oui, comme toute cheminée. La suie et les dépôts s’accumulent dans le conduit, réduisent le tirage et peuvent présenter un risque d’incendie. Vérifie avant chaque allumage qu’il est bien dégagé, et fais-le ramoner régulièrement selon l’usage de ton four et les règles en vigueur dans ta commune.
De fines fissures sont fréquentes, surtout sur l’enduit extérieur : la maçonnerie se dilate et se rétracte à chaque chauffe. Elles ne sont pas inquiétantes tant qu’elles restent fines et stables. Surveille en revanche celles qui s’élargissent, qui laissent passer la fumée ou qui touchent la voûte : là, mieux vaut demander l’avis d’un professionnel.
L’eau est l’ennemie du four à bois : une maçonnerie humide chauffe mal, fume et peut se fissurer au gel. Un abri, un toit ou au minimum un enduit étanche protège la voûte. Pense aussi à fermer la bouche et la cheminée quand le four ne sert pas, pour éviter que la pluie et les animaux s’y installent.
À l’abri de la pluie mais ventilé : un bûcher couvert sur le dessus et ouvert sur les côtés est idéal. Surélève le tas pour qu’il ne repose pas sur la terre humide. Garde à portée de main une petite réserve de petit bois et de bûchettes bien sèches pour l’allumage, et éloigne ton stock du four pendant la chauffe.
N’utilise jamais d’alcool à brûler, d’essence ou d’autre accélérant pour allumer ou relancer le feu. Garde les enfants et les animaux à distance de la bouche et des cendres. Ne laisse pas le feu sans surveillance, prévois de quoi l’éteindre à proximité, et respecte les arrêtés de ta commune en période sèche.
Un terme manque ?
Ce glossaire s’enrichit au fil de mes fournées. Si tu croises un mot que tu ne comprends pas sur le site, ou une question qui n’est pas ici, écris-moi : je l’ajouterai.